Dans le spleen éclectique de Nans Vincent

Rencontrer Nans Vincent n’est pas de tout repos. C’est une pile électrique, mais une pile électrique qui a une sensibilité à fleur de peau. Il nous raconte qu'il est hyper émotif : « Je pleure devant les films. J’ai pleuré devant Interstellar. Pourtant, ce n’est pas le film le plus émotif de la terre. » Face à vous, vous retrouvez un jeune homme avec une énergie débordante, un grand sentimental (il passera d’ailleurs une partie de l’entretien à tenter de séduire la serveuse du bar), et une culture éclectique acquise grâce à ses parents. Petit, il commence à s’intéresser à la poésie avec Prévert. « Paroles, c’est l’un des premiers bouquins que ma mère m’a donné. Je l’ai toujours. C’est une édition qu’on lui avait donné quand elle était petite, donc le bouquin est tout usé, il y a des pages qui tombent. » S’en suivront les découvertes des classiques de la chanson française de Brel à Brassens ou encore des Pink Floyds. « J’ai redécouvert Brel à l’adolescence. J’avais 13 - 14 ans, à l’époque j’écoutais du reggae. Je cherchais sur mon ordinateur, et je suis tombé sur Ces Gens-là en vidéo sur Youtube. Je me souviens que j’ai pleuré… »

"JE ME BATS POUR ÉCRIRE DES CHANSONS JOYEUSES. PARCE QUE J'AI TOUJOURS DE L'ESPOIR." 


La voix légèrement cassée de Nans Vincent se prête souvent à l'autodérision, accompagnée par des rythmes de guitare lancinants, des arpèges cool et calmes. Ses paroles ne sont pas sans rappeler Renaud et Bashung, mais se rapprochent davantage des textes de Boulevard des Airs, un groupe plus actuel. Nans a d'ailleurs fait leur première partie en 2013. « J’adore ce groupe », nous explique-t-il. « Ce sont des mecs géniaux et extraordinaires. C’est vraiment une bande de copains. » Il écrit des paroles plutôt dépressives, qui parlent de ses rêves avec regrets. Pourtant, il s'efforce d'écrire des chansons joyeuses, parce-qu'il a « toujours de l'espoir ». « Je me bats pour  écrire des chansons marrantes et joyeuses. Il n’y a aucune chanson qui finit mal, dans ce que je fais. Aucune ! »

Ses chansons sont intemporelles et parlent de lui, de sa vie. Plus que tout, Nans Vincent est un vaccin à la déprime, une éponge de votre angoisse. Au XIXème siècle, il aurait laissé traîné son spleen dans les salons d’intellectuels, avec ses rimes complexes et césurées. « Je n’aime pas les rimes en –é. Ca m’arrive d'en faire, parce que parfois, c’est évident. Mais c’est un peu interdit, n’importe quel crétin peut trouver une rime en –é. »


Aujourd’hui, il chante sur les scènes de petits théâtres et dans le métro, à la station République. C'est son gagne-pain, car il a fait le choix de ne plus vivre que de son talent. Il a d’ailleurs participé aux Metro Music Awards organisés pour la première fois au début du mois de février 2016. Mais il regrette que le métro soit « très ingrat ». « Le métro, c’est bien pire que la rue. La rue, c’est hyper rigolo : il y a des gens qui s’arrêtent, qui passent un moment, qui achètent le CD, qui discutent. Moi, j’aime bien quand les gens s’arrêtent. », confie Nans Vincent. « Je leur demande s’il n’ont pas trois minutes, même s’ils sont déjà en retard. Et je leur fais une chanson juste pour eux. C’est super cool, les gens sont contents, et moi, je suis content de chanter une chanson juste pour des gens qui t’écoutent : ça crée du lien, ça fait du bien. »

La digression fait partie prenante de son univers. Capable de vous citer Alphonse Allais et d’enchaîner sur un débat vestimentaire sur le grunge et Kurt Cobain, Nans Vincent aime aussi facilement aller au clash, la spécialité de celui qui se décrit comme « punk intello ». Nans Vincent chante chaque chanson qu’il vous cite, des Béruriers Noirs à Zazie, dont il est « complètement raide dingue ».

Nans Vincent est né en 1995, « un soir de match de foot » comme il aime à le dire : « J’ai vraiment cherché sur Internet qu’est-ce qui s’est passé le 6 septembre 1995. Et je suis tombé sur ce match de foot : France-Azerbaïjan. La plus grosse victoire de l’équipe de France… En plus, je n’aime pas le foot, ça ne m’intéresse pas une seule seconde. » Nans est son vrai prénom, et Vincent son deuxième prénom. « Je voulais m’appeler juste Nans. Le problème, c’est que quand tu tapes Nans sur Google, tu tombes sur un gamin de la France à un Incroyable Talent qui est ventriloque en chanson. Et c’est pas moi. Quand tu tapes Nans Vincent, tu tombes sur moi. ».

La musique entre chez lui à l’adolescence. D’abord par le texte et les poèmes, et toujours en hommage à Prévert. « J’ai commencé à écrire quand j’avais 13 ans. J’ai écrit des poèmes, mais c'était d’abord pour moi. Je mettais ça un peu sur Facebook. J’écrivais beaucoup, tout le temps », se souvient le jeune homme. Mais la chanson n’est pas si loin. Quand un ami lui propose de mettre en musique ses textes pour l'accompagner au chant, il accepte, presque à contrecœur, estimant qu'il chante « comme une casserole. » Mais Nans est attiré par l’idée que « s'[il] pouvait faire des chansons, [il] pourrait les donner à des gens ».


Bac ES en poche, spécialité maths (« J’ai un sens du calcul mental. Ça, il faut le mettre dans l’interview ! »), Nans Vincent décide de s’investir pleinement dans la musique. Les débuts sont difficiles : l’apprentissage long et compliqué passe par les rues et boulevards du sud de la France, et les bars parisiens. « J’avais besoin d’argent de poche et l’envie de me payer une nouvelle guitare », révèle-t-il. « J’avais une reprise de Brassens, un truc de Renaud et une chanson à moi. ». Sa famille le soutient sans vraiment être rassurée. « J’avais prévu de quitter la maison, même s’ils ne le voulaient pas. Mes parents m’ont demandé de rester, ils ont eu peur. Cela a été compliqué pendant un moment. » Et puis, un jour, c’est la rencontre qui va tout changer : Christian Ollivier et les Têtes Raides. « Ca a fait souffler un peu mes parents. » Une de ces histoires de bistrot, comme il aime à le rappeler, où il fera plusieurs rencontres et qui finira sur la scène du Bataclan en première partie du groupe punk, en 2015. Les « Têtes » l’aideront également à enregistrer son EP, Histoires à Rêver Debout. Sa grande fierté est celle d'avoir refais leur première partie dans le Sud, à Compiègne, où il a chanté avec eux L’Iditenté. « C’était le rêve de mes 14 ans », confie Nans Vincent.

Bientôt, le jeune homme enregistrera un nouvel album studio, avec une nouvelle équipe. Il nous raconte qu'il rêve de travailler avec d’autres artistes : « J’adorerais bosser avec un Dyonisos. Non pas que je sois complètement fan de ce qu’il fait, mais je pense que le mec a son propre univers… Une Olivia Ruiz, aussi. » Le tout avec l’objectif de « ne faire que des belles chansons ». Nans Vincent veux créer toujours plus de lien avec son public : « Je veux que les gens soient là. Et qu’ils soient heureux. Ou qu’ils pleurent, je m’en fous. Mais que cela leur fasse un truc, qu’ils me disent merci. Et que je leur dise merci. »

Nans Vincent, c’est donc un jeune chanteur, émotif, sensible, un poète engagé envers les autres et lui-même, qui ne prône pas la rébellion. Selon lui, « aujourd’hui, pour être rebelle, il faut porter des bretelles et regarder des Chiffres et des Lettres. Ça ne veut plus rien dire d’être rebelle. C’est devenu la majorité. » C’est aussi un grand amoureux des grands-mères, qui communique autour de ses prochains concerts en n'oubliant jamais son fameux : « Ouais, ramène ta mamie. Bisous ! »


Retrouvez toute l'actualité de Nans Vincent sur sa page Facebook 

Écoutez toutes ses chansons sur son SoundCloud


A écouter

Les Drapeaux :
 

J'aurais aimé :
 

Dans la cour de mon immeuble :
 



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